Le BMN à l’honneur dans le quotidien « Le Soleil »


PAGE 4 — LE FAIT DU JOUR

GRAND ANGLE | MODERNISATION DES ENTREPRISES

Le Bureau de mise à niveau injecte 927 millions de FCfa pour accélérer la mue des Pme

« Le Bureau de mise à niveau est un outil essentiel pour la transformation de notre pays, mais il a besoin de plus de moyens pour la conformité aux normes, la transformation digitale », ANTOINE NGOM.

La 5e édition des Journées de Mise à niveau s’est achevée, hier, à Dakar, après deux jours de travail consacrés au renforcement de la compétitivité des entreprises sénégalaises. Organisée par le Bureau de Mise à Niveau (Bmn), cette rencontre a mis en lumière le Programme de mise à Niveau spécifique national (Psn), nouvel instrument stratégique d’accompagnement des Pme à fort potentiel. Elle s’est conclue par la signature de conventions entre le Bmn, les 15 entreprises bénéficiaires et les partenaires financiers, ainsi que par la remise de labels de performance à 4 entreprises, en présence du secrétaire d’État chargé des Pme/Pmi, Ibrahima Thiam.

Par Samboudian KAMARA

« Yadipal » s’active dans la distribution de produits agro-alimentaires, précisément la production d’épices : Investissements approuvés, 74.356.000 Fcfa et primes octroyées 32.972.400 Fcfa. Sa responsable indique que l’accompagnement dont elle a bénéficié lui a permis de « passer d’une phase artisanale à la semi-industrie. Et l’autonomisation conséquente a permis à son entreprise d’augmenter sa production et de l’optimiser, sans parler de la hausse de son taux d’employabilité ». Le Dr Tabane, installé à Mbour, est un cardiologue spécialisé dans la pose de piles cardiaques. Il avait postulé en 2021, mais ne gardait plus espoir en raison de la Covid. Deux ans après, surprise. Le Bureau de mise à niveau relance son dossier. Sa clinique, « CardioLab », affiche 52.186.000 Fcfa en investissements approuvés pour 23.594.400 Fcfa en primes octroyées. « L’enrôlement de son dossier comporte un accompagnement dans la gestion, les procédures de décaissement et la prise de décision », explique le médecin. Grâce à l’appui du Bmn, il a pu recruter plus de personnel et augmenter son chiffre d’affaires. Mme Top, elle, est la manager de « Amt – Bio natural and Co ». Elle révèle, elle aussi, être passée de la transformation artisanale à la production semi-industrielle. Son entreprise a obtenu une certification, passeport pour l’export et la clientèle de grandes surfaces. Installée à Dakar, Dialibatou Invest, entreprise évoluant dans le secteur de l’industrie agroalimentaire, poursuit son développement dans la production de café Touba. Avec des investissements approuvés à hauteur de 87.353.200 Fcfa et des primes octroyées de 37.691.280 Fcfa, la société affiche un taux de réalisation de 94 %, traduisant une mise en œuvre quasi complète de son programme de modernisation. Cette dynamique de mise à niveau a déjà produit des retombées concrètes, notamment la création de 16 emplois.

Ces entreprises sont un échantillon des 15 dossiers qui ont été approuvés, représentant un investissement global de 927.402.233 Fcfa, soutenu par des primes publiques d’un montant de 415.146.417 Fcfa. Par ailleurs, le Bmn a procédé à la signature de conventions, marquant l’entrée en vigueur de nouveaux accompagnements dans le cadre du Programme de Mise à Niveau spécifique national, un programme phare du Bmn destiné aux petites et très petites entreprises qui, depuis plusieurs années, accompagne les Pme sénégalaises à fort potentiel vers davantage de compétitivité. Hier, lors de la 5e édition des Journées de Mise à niveau, à Dakar, il s’agissait aussi de remettre des labels à 9 entreprises performantes ayant exécuté avec rigueur et détermination leur plan de mise à niveau.

Plaidoyers

Le thème des assises portait sur « la mise à niveau des entreprises : levier essentiel pour la compétitivité, la création d’emplois et la souveraineté économique du Sénégal ». La rencontre a été présidée par Ibrahima Thiam, le secrétaire d’État chargé des Pme/Pmi, en présence du directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et du Commerce, de représentant de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), du représentant de la Banque islamique du Sénégal, de chefs d’entreprises et de plusieurs institutions bancaires et d’établissements de microfinance, sous les auspices de Mme Fatou Dyana Bâ, la directrice du Bmn, dont la structure fêtait, par la même occasion, ses 20 ans d’existence. En contrepartie de ce soutien, c’est presque un milliard de Fcfa d’investissements privés qui sera engagé par 15 Pme issues de secteurs aussi variés que l’agroalimentaire, la santé, les services, le BTP ou encore les énergies renouvelables. « C’est la preuve que la confiance de l’État appelle l’investissement, et que l’investissement appelle la croissance », a déclaré Mme Bâ.

Les plaidoyers n’ont pas manqué. Pour le président du Comité de pilotage du Bmn, Antoine Ngom, « le Bureau de mise à niveau est un outil essentiel pour la transformation de notre pays, mais il a besoin de plus de moyens pour la conformité aux normes, la transformation digitale », demandant en clair que « les lignes budgétaires allouées au Bmn soient revues à la hausse », en plus du renforcement de la coordination avec les partenaires bancaires pour faciliter l’accès aux financements complémentaires. D’autant que le budget du ministère de tutelle a connu une hausse de plus de 600% pour l’exercice 2026. Il a aussi indexé « les blocages structurels, la nécessité de simplifier les procédures et un engagement plus important des banques commerciales ». Pour sa part, le représentant de l’Onudi a rappelé la signature, en Arabie saoudite, il y a deux mois, d’un nouvel accord de coopération entre le Sénégal et son organisation. Cette entente permettra, à l’en croire, une plus grande inclusion de l’écosystème des Pme/Pmi, la durabilité des projets (environnement) et « des partenariats plus solides ». Autre plaidoyer, celui de Mme Fatou Dyana Bâ. Elle a sollicité de l’autorité gouvernementale « sollicitions plus de moyens pour répondre efficacement à la demande croissante des entreprises, conformément aux objectifs fixés dans notre Plan stratégique de développement ».

En 2025, le Bmn a reçu 177 demandes contre une capacité d’accompagnement de seulement 35 dossiers approuvés. Sidy Alpha Sy, le directeur général adjoint de la Banque islamique du Sénégal (Bis) a souligné l’apport de son groupe dans « l’expertise en matière de diagnostic stratégique ». Le banquier a indiqué que « la Bis étudie la faisabilité des financements », tout en soulignant que cet apport financier ne suffit pas à faire grandir les entreprises. « Ce financement doit s’appuyer sur un cadre entrepreneurial structuré pour améliorer la qualité des projets soumis ». M. Sy a indiqué que c’est là « un travail concerté et rigoureux pour concilier accompagnement technique et soutien financier ». Après la signature des conventions entre d’une part le BMN et la Banque agricole et, d’autre part, le Bmn et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip), la remise des labels, cette cinquième édition a été ponctuée par la visite de stands sur lesquels plusieurs entreprises bénéficiaires de l’appui du Bureau de mise à niveau ont exposé leurs produits. Elle a été conclue par des rencontres B to B entre les entreprises bénéficiaires et des banques.


PAGE 5 — LE FAIT DU JOUR

IBRAHIMA THIAM, SECRÉTAIRE D’ÉTAT EN CHARGE DU DÉVELOPPEMENT DES PME/PMI

« La mise à niveau est une nécessité pour nos entreprises »

Vingt ans après son lancement, le Programme de mise à niveau s’impose comme un levier majeur de compétitivité des entreprises sénégalaises. Initié en 2004 avec l’appui du secteur privé et de l’Onudi, il a positionné le Sénégal comme pionnier en Afrique subsaharienne. Le secrétaire d’État au Développement des Pme/Pmi a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de l’appui aux entreprises et salué les performances des structures labellisées.

Par Samboudian KAMARA

Hier, à l’occasion de la cérémonie de signature des conventions du Programme de mise à niveau spécifique national, tenue dans un grand hôtel à Dakar, le secrétaire d’État au développement des Pme et des Pmi, Ibrahima Thiam, a réaffirmé la place centrale de la mise à niveau dans la politique publique en faveur du secteur privé. Il a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la dynamique enclenchée quelques jours plus tôt avec la validation de la Stratégie nationale de Promotion et de Développement des Pme et Pmi, désormais document de référence du secteur.

Conformément aux orientations du Premier ministre, exprimées dans la Déclaration de politique générale de décembre 2024, « le gouvernement entend faire de la mise à niveau un levier prioritaire pour renforcer la compétitivité des entreprises sénégalaises, sur le marché domestique comme à l’international », a indiqué le secrétaire d’État.

Revenant dans le détail des initiatives, il a rappelé « sur les 25 projets que compte la nouvelle stratégie, six concernent directement la mise à niveau. Ils portent notamment sur l’accompagnement des entreprises en difficulté, la transition écologique, le développement des compétences, la promotion de champions nationaux, la valorisation du made in Sénégal et l’intégration des Pme/Pmi dans les chaînes de valeur prioritaires ». Pour le secrétaire d’État, cette orientation traduit une conviction forte : « dans un environnement économique marqué par des exigences accrues en matière de qualité, de productivité et de durabilité, la modernisation des entreprises n’est pas une option, mais une nécessité stratégique ». Le Programme spécifique national matérialise « cette volonté de placer l’entreprise au cœur de la transformation économique et sociale du pays, en cohérence avec l’Agenda national de transformation Vision Sénégal 2050 », a ajouté Ibrahima Thiam.

Le secrétaire d’État a également souligné les résultats déjà perceptibles sur le terrain, citant plusieurs entreprises ayant bénéficié de l’accompagnement du Bureau de mise à niveau, dont les performances illustrent l’efficacité du dispositif.

En effet, la veille, il avait visité les sites de Win industries, la Ferme Serigne Modou Mbacke Falilou, Nowelli Traiteur et Sareq Groupe, où il a pu mesurer, « concrètement », l’impact de l’accompagnement du Bureau de mise à niveau dans la croissance de ces entreprises. « Ces Pme/Pmi sont la preuve vivante que la mise à niveau est un dispositif structuré et fonctionnel ; qui produit des résultats tangibles, en rendant plus performantes nos entreprises », a déclaré M. Thiam.

Selon lui, ces success stories démontrent que la mise à niveau est un instrument structurant, capable de renforcer durablement la compétitivité des Pme/Pmi. Il a également salué les entreprises distinguées par le Label Bmn, les qualifiant de modèles et d’ambassadeurs de l’excellence sénégalaise.

Cette reconnaissance, a-t-il insisté, doit s’accompagner d’un appui renforcé des structures d’encadrement, des partenaires financiers et des institutions bancaires afin de préparer ces entreprises à intégrer l’initiative présidentielle « Sunu Champion ».


LA MISE À NIVEAU — Un accélérateur de compétitivité pour les Pme

En parcourant les routes de Thiès et de Dakar, Ibrahima Thiam, secrétaire d’État chargé du développement des Pme-Pmi, a pu constater, aux côtés des équipes du Bureau de mise à niveau (Bmn), les transformations profondes opérées par les plans de mise à niveau. Loin des rapports administratifs, c’est sur le terrain, au cœur des ateliers et des unités de production, que se lit la réalité d’un dispositif devenu incontournable pour la modernisation du tissu économique national. Trois entreprises, trois histoires, une même dynamique de croissance.

Il est des lieux où la politique économique se donne à voir dans sa matérialité la plus concrète. À Pout, sur la route de Thiès, les vastes bâtiments de Win Industrie en sont l’illustration parfaite. Spécialisée dans le traitement et la distribution d’eau en bouteille, l’entreprise dirigée par Khady Cissé a vu son plan de mise à niveau validé en novembre 2022. L’ambition affichée alors était de surmonter les goulots d’étranglement pour renforcer sa présence sur le segment des petits formats. Elle s’est aujourd’hui matérialisée par des investissements massifs. Un hangar métallique de 1 440 m² a été érigé, abritant une ligne d’embouteillage Tech Long flambant neuve, capable de produire 14 000 bouteilles de 33 cl à l’heure. L’addition, salée mais nécessaire, s’élève à plus de 540 millions de Fcfa pour le seul volet matériel.

Pourtant, ce qui frappe le visiteur, ce n’est pas tant le coût des équipements que leur mise en mouvement. Les camionnettes de livraison de cinq tonnes qui franchissent les portails, le ballet des opérateurs sur la ligne de production : tout ici respire l’efficacité retrouvée. Les chiffres, d’ailleurs, ne mentent pas : le volume de production est passé de 8 000 m³ en 2021 à une projection de 34 000 m³ pour 2026. Le chiffre d’affaires a bondi de 1,2 à plus de 3,2 milliards de Fcfa, tandis que la couverture géographique s’étendait de quatre à dix régions. Et puis, il y a ces 72 emplois permanents créés, dont 39 dès la première année. Comme si la modernisation des machines appelait naturellement l’épanouissement des hommes.

À quelques kilomètres de là, à Diass, la Ferme Serigne Modou Mbacké Falilou offre un autre visage de cette réussite. Ici, point de chaînes industrielles tentaculaires, mais un outil de travail méticuleusement repensé pour la production et la transformation du lait. Amadou Fall Diop, le responsable, a misé sur l’acquisition d’une camionnette frigorifique et d’une ligne de mini-laiterie complète : tank de 1 000 litres, pasteurisateur, refroidisseur, unité de conditionnement. Le hangar industriel de 1 250 m², fraîchement aménagé, donne désormais à l’exploitation une allure de petite usine campagnarde. Les formations aux bonnes pratiques de fabrication et à la gestion des stocks, pour 3,3 millions de Fcfa, sont venues parfaire l’équipement. Dix emplois ont été créés et la qualité des produits, assure-t-on, a franchi un cap décisif. M. Thiam, visiblement conquis, salue « l’importance de ce plan pour les Pme, dont beaucoup sollicitent désormais un deuxième, voire un troisième accompagnement ».

Pathé NIANG


ENTREPRENEURIAT FÉMININ — Les femmes, fers de lance de la relance économique

Au fil des visites, une évidence s’est imposée au secrétaire d’État Ibrahima Thiam : sur quatre entreprises bénéficiaires du programme de mise à niveau, trois sont dirigées par des femmes. À Dakar, le parcours d’Aminata Diène, fondatrice de Nowelli Traiteur, illustre avec éclat cette montée en puissance de l’entrepreneuriat féminin, adossée à une stratégie publique volontariste.

Dans le quartier résidentiel de Yoff, au cœur de la Cité Apecsy, Nowelli Traiteur a pris ses quartiers. Aminata Diène y a bâti, patiemment, une entreprise de restauration qui dispute aujourd’hui avec succès les marchés des écoles et des entreprises. Lorsque son plan de mise à niveau a été validé en juin 2023, l’option stratégique était clairement définie : renforcer la position concurrentielle en modernisant l’outil de production et la logistique. Pari tenu. Les 46,4 millions de Fcfa d’investissements matériels ont permis l’acquisition d’une flotte de livraison adaptée — tricycles frigorifiques, véhicules utilitaires — et l’installation d’équipements de conservation de dernière génération, dont deux chambres froides de 22 m³. Mais c’est peut-être le volet immatériel, souvent négligé dans les entreprises de ce secteur, qui retient l’attention. L’acquisition du logiciel de gestion intégré « Odoo », couplée à des formations pointues en techniques de restauration et en assistance commerciale, a transformé la start-up en une Pme structurée. Les 17,3 millions de Fcfa investis dans ce volet portent aujourd’hui leurs fruits : six emplois permanents ont été créés et la rentabilité s’est nettement améliorée, au point que l’entreprise affiche désormais une santé financière qui autorise tous les projets ambitieux.

« Je suis très satisfait et même surpris de voir l’engagement des femmes », a confié M. Ibrahima Thiam en quittant les lieux, une pointe d’émotion dans la voix. « Sur quatre entreprises visitées, trois sont dirigées par des femmes. C’est une satisfaction qui va nous permettre, au niveau central, de décliner concrètement l’orientation du chef de l’État en faveur de l’autonomisation des femmes ». Une orientation qui, dans les faits, prend la forme d’une discrimination positive assumée : avec le ministère de la Solidarité et de la Femme, il s’agira désormais de renforcer ces dynamiques à travers le Bmn et l’ensemble des structures d’encadrement.

La visite s’est terminée sur une note tout aussi prometteuse avec celle du groupe Serret, dirigé également par une femme, actif dans la communication, la distribution et le génie civil. Preuve, s’il en fallait, que le dynamisme féminin irrigue désormais tous les secteurs d’activité.


PAGE 6 — LE FAIT DU JOUR

FATOU DYANA BA, DG DU BUREAU DE MISE À NIVEAU

« Le Bmn doit composer avec des contraintes de taille »

« Sur le plan financier, le Bmn accorde des primes non remboursables pouvant aller de 20 à 40% pour les investissements matériels et de 70 à 90% pour l’immatériel », FATOU DYANA BA.

Avec près de 1000 entreprises accompagnées, pour 144,5 milliards de Fcfa d’investissements approuvés, le Bureau de mise à niveau apparaît comme un levier essentiel dans la compétitivité des entreprises sénégalaises. Dans cet entretien, sa directrice générale, Fatou Dyana Ba, fixe le cap, mais surtout les défis à relever pour plus de performance.

Entretien réalisé par Oumar FEDIOR

Pouvez-vous revenir sur les grandes innovations du Bureau de mise à niveau ?

Parmi les initiatives structurantes récentes figure le lancement du Centre de Production Propre (Cpps), outil clé pour la transition écologique et industrielle, ainsi que le renforcement des partenariats avec le secteur bancaire, facilitant l’accès aux financements et sécurisant les parcours de mise à niveau. Cette trajectoire positionne le Bureau de mise à niveau comme un levier incontournable de la transformation économique nationale, avec une couverture étendue aux 14 régions du Sénégal. La concentration des projets à Dakar, qui totalise 35% des entreprises accompagnées et plus de 100 milliards de Fcfa d’investissements, reflète fidèlement la structure économique du pays tout en illustrant la montée en gamme progressive de l’action du Bmn sur l’ensemble du territoire.

L’État du Sénégal a fait le pari des agropoles. Comment le Bureau de mise à niveau peut-il jouer sa partition ?

Le Programme des agropoles constitue un pilier majeur de l’industrialisation territoriale. Le Bmn intervient à travers des conventions d’assistance technique et un appui financier sous forme de primes. Dans l’Agropole Sud, 53 entreprises ont été accompagnées pour un volume d’investissements de 1,273 milliard de Fcfa et 602 millions de Fcfa de primes. Dans l’Agropole Centre, 17 entreprises ont bénéficié d’investissements approuvés de 2,6 milliards de Fcfa et de 487 millions de Fcfa de primes. Notre rôle est de structurer les projets, renforcer les capacités, faciliter l’accès au financement et assurer le suivi des plans de mise à niveau.

Comment se matérialise l’accompagnement du Bmn ?

L’accompagnement repose sur deux piliers : technique et financier. Sur le plan technique, tout commence par une adhésion volontaire de l’entreprise, suivie d’un prédiagnostic. Un diagnostic approfondi permet ensuite d’élaborer un Plan de mise à niveau (Pmn), validé par un comité de pilotage. Ce plan définit les investissements stratégiques nécessaires pour améliorer la productivité, la qualité, la rentabilité et l’accès aux marchés. Sur le plan financier, le Bmn accorde des primes non remboursables pouvant aller de 20 à 40 % pour les investissements matériels et de 70 à 90% pour l’immatériel. Nous facilitons également l’accès au crédit grâce à des conventions avec les banques et institutions financières.

Comment une entreprise peut-elle bénéficier de l’appui du Bmn ?

C’est un parcours en plusieurs étapes, clair et accompagné. L’entreprise commence par une demande d’adhésion volontaire pour marquer son engagement. Comme je l’ai dit plus haut, vient ensuite une visite de prédiagnostic par des experts du Bmn, qui identifie les besoins prioritaires avant qu’un diagnostic approfondi ne soit réalisé qui aboutit sur l’élaboration d’un Pmn. Ce dernier, une fois validé par le comité de pilotage (Copil), ouvre droit à une prime sur les investissements réalisés. Le Bmn suit ensuite l’exécution du plan et procède au décaissement des primes prévues. Au-delà de l’appui financier, l’action du Bmn inclut l’appui à la recherche de financement et la mise en relation avec les fournisseurs.

Vous devez avoir une bonne puissance financière, alors ?

Le Bmn doit composer avec des contraintes de taille. La première est budgétaire : la dotation de l’État au Fonds de mise à niveau, plafonnée à 1 milliard de Fcfa par an, est très en deçà des besoins réels, estimés à 5 milliards par an. Une autre contrainte est le problème récurrent d’accès aux financements, qui limite les capacités des entreprises dans la réalisation de leurs plans de mise à niveau. Autre défi : la concentration géographique. En effet, 84% des demandes viennent de la zone Centre (surtout Dakar), laissant les régions périphériques en retrait.

Comment relevez-vous le défi du financement ?

Dans le cadre du renforcement de la compétitivité des entreprises du Sénégal, notamment sur le marché sous-régional et continental, le Bmn a élaboré, en collaboration avec la direction du commerce extérieur, un Programme de mise à niveau spécifiquement dédié à l’accompagnement des entreprises dans la Zlecaf. L’objectif principal de ce programme est, d’une part, de préserver le tissu industriel contre les menaces inhérentes à l’ouverture du marché continental (volet défensif) et, d’autre part, de soutenir le renforcement et la diversification des offres de produits exportables sur les marchés libéralisés de la Zlecaf (volet offensif). Dans ce programme, planifié sur la période 2026-2030, le Bmn prévoit d’accompagner 325 entreprises actives dans des secteurs stratégiques tels que l’agroalimentaire, la confection textile et l’habillement, les industries vertes, l’industrie pharmaceutique, les Tic et le numérique. Les actions prévues dans ce programme portent, entre autres, sur le diagnostic de la compétitivité des entreprises, le renforcement de capacités, l’appui à la certification, à l’accès au financement et à l’exportation.

La production propre est-elle un nouveau levier stratégique ?

Absolument. Face à la hausse des coûts énergétiques et aux enjeux climatiques, la production propre est un levier majeur de compétitivité. Le Bmn abrite le seul Centre de production propre du Sénégal, qui accompagne les entreprises dans l’adoption de technologies sobres en énergie, la valorisation des déchets et l’optimisation des ressources. Loin d’être une contrainte, la transition écologique devient une opportunité d’affaires pour les Pme, en renforçant leur résilience et leur attractivité.